dimanche 26 octobre 2008

Un Africain, deux Suisses et une souris

La souris raconta à ses compagnes cette histoire qui s'était déroulée quelque part dans une ville de la Suisse romande.

Un Africain et un suisse décident de convenir d'un rendez-vous pour entamer une négociation d'affaires. Le Suisse regarde à sa montre et suggère à l'Africain qu'ils pouvaient se voir le lendemain à 20 heures précises. L'Africain demande au Suisse s'il pouvait arriver un peu plus tard car il se pourrait qu'en venant, il croise l'un de ses amis en chemin. Et le Suisse de répondre en haussant le ton : "je dis bien 20 heures précises car 20 heures c'est 20 heures. Je vais arriver avec le train de 19h57 ; j'ai deux minutes pour arriver à l'entrée du restaurant et une minute pour accrocher mon manteau". Surpris par le ton et par toutes ces précisions, l'Africain lui aussi s'enflamma et se mit à faire de grands gestes d'indignation. "Je suis ton étranger et tu me parles comme-ça ? questionna-t-il". Un vieux missionnaire protestant Suisse suivait leur conversation. Avec un large sourire, il leur demanda s'il pouvait s'inviter à leur conversation. L'Africain acquiesce mais le Suisse regarde à sa montre: "Monsieur je n'ai pas le temps. Je dois rattraper le train de 21H05. Le prochain sera seulement à 21H11". Mais calmement, le vieux missionnaire insista, promettant d'être bref, ce que le Suisse fini par accepter. Alors il prit la parole et dit : "vous avez peut-être tous les deux raisons. Nous les Suisses, nous avons la montre mais nous n'avons pas le temps. Nos amis Africains eux ont toujours le temps mais ils n'ont pas la montre. C'est la grande leçon que j'ai apprise en séjournant pendant de longues années en Afrique. Je suggère que nous les Suisses donnions quelques montres aux Africains et que les Africains à leur tour donnent un peu de leur temps aux Suisses. Notre monde en sera enrichi.
Les deux amis retrouvèrent le sourire et purent s'entendre sur le temps de leur rendez-vous.....

La souris, cachée dans son coin, ne put contenir son rire. Elle dit au fond d'elle-même. Heureusement que nous n'avons pas ce problème. Nous ne portons pas de montre. Même quand on en trouve, on la cache dans notre terrier pour en ronger le bracelet, surtout s'il est en cuir. Et puis ce qui compte pour nous ce n'est pas le temps de la montre, mais les opportunités, les occasions. Nous devons constamment nous donner le temps pour attendre les miettes de leurs tables. Toutefois, nous devons aussi nous habituer à leurs heures de repas pour être les premières parmi les autres à ramasser leurs miettes.

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